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Lieu : Amphi Hardoin (bâtiment E9)
Jean-Philippe Derosier (Professeur à l’Université de Lille), Ariane Vidal-Naquet (Professeure à l’Université d’Aix-en-Provence) et Romain Vincent (Maître de conférences à l’Université de Poitiers).
Nos systèmes politiques traversent de multiples crises : crises parlementaires, crise politique, crise de confiance, crise de la représentation, crise de la démocratie. Elles se traduisent de façons diverses et variées : montée de l’abstention, montée des populismes et des radicalismes, contestation de la légitimité des élus, parfois de façon violente, contestation du pouvoir des juges, réformes institutionnelles.
Ces évolutions, voire ces mutations, à la fois externes et internes, bouleversent les équilibres institutionnels classiques et de nombreux systèmes politiques le confirment. Ces mutations peuvent être plus ou moins profondes, d’une ampleur variable, allant de la simple adaptation jusqu’à la révolution. À l’inverse, il arrive que l’équilibre institutionnel permette de contenir les bouleversements, dès lors que les institutions sont plus fortes que les hommes. Le système politique est alors en mesure de résister, sans être pour autant réfractaire aux changements. En définitive, la mutation peut être une manière pour le système de se maintenir tout en évoluant.
Étudier les mutations institutionnelles des systèmes politiques s’inscrit dans une démarche globale. Il s’agit certes d’étudier les normes juridiques relatives aux institutions, tout particulièrement la norme constitutionnelle qui détermine leur statut, régit leur fonctionnement et leur confère des compétences. Mais la complexité de l’architecture institutionnelle d’un État donné ne peut être saisie sans la concevoir dans le système politique au sein duquel elle s’inscrit. Étudier les mutations institutionnelles doit donc aller de pair avec une étude du système politique dans lequel elles évoluent, c’est-à-dire les règles constitutionnelles déterminées par la Constitution et les éléments extra-juridiques impactant le fonctionnement de ces institutions. Si ces dernières disposent d’une forme de stabilité grâce aux normes constitutionnelles qui les établissent et les régissent, elles sont évolutives selon les circonstances extérieures qui les impactent, telles que les conjonctures politiques ou les personnalités incarnant ces institutions, ces évolutions pouvant être à la fois formelles et informelles. Leur ancrage dans la réalité politique nécessite de les étudier au prisme du système dans lequel elles s’inscrivent, à la fois au regard des normes constitutionnelles qui les fondent, mais également au regard des éléments extra-juridiques qui les modèlent.
Plusieurs questionnements peuvent émerger de ces différentes observations, qui portent tant sur le principe même des mutations que sur les résultats et les nouveaux équilibres susceptibles de se dessiner.
Comment un changement de ou dans le système politique modifie-t-il l’équilibre institutionnel déterminé par la Constitution et redessine-t-il les contours des institutions, entraînant nécessairement des évolutions, voire des mutations ? A contrario, les institutions étant vivantes, peut-on considérer qu’elles ont également un impact sur les systèmes politiques et les font évoluer ? En ce sens, comment la pratique institutionnelle, changeante selon les conjonctures politiques, affecte-t-elle le système politique, c’est-à-dire l’exercice du pouvoir ? Si en France, la Ve République a connu des variations de systèmes politiques entraînant de nombreuses mutations institutionnelles, est-ce le cas dans d’autres États où le système politique est plus stable ? Les institutions sont-elles plus immuables lorsque le système politique est stable ? Les spécificités constitutionnelles françaises, notamment liées à son régime, impactent-elles les institutions et leurs potentielles mutations ?
Pour répondre à ces interrogations, ainsi qu’à toute autre qui serait proposée par les auteurs, les contributions pourront être à la fois théoriques, historiques ou portant sur le droit positif contemporain, qu’il soit français ou étranger, abordant des systèmes politiques du Nord comme du Sud, démocratiques comme non démocratiques, libéraux comme autoritaires.
Les candidatures peuvent prendre trois formes possibles :
Le Prix Louis Favoreu distingue la meilleure communication présentée lors du Congrès par un doctorant ou un docteur, âgé de moins de trente ans. La lauréate ou le lauréat pourra publier sa communication à la revue Titre VII. Les modalités de candidature sont les suivantes:
9h – LES TRANSFORMATIONS CONSTITUTIONNELLES
– Lorenzo Garcia, Doctorant, Université de Montpellier : Améliorer la constitution : une tentative de maîtrise des mutations institutionnelles
– Frédéric Dylbaitys, Doctorant, Université Paris I : L’essor d’un constitutionnalisme sécuritaire sur le continent américain
– Jonas Tshibayi Ntumba, Doctorant, Université de Strasbourg : Les gouvernements intermédiaires : l’impensé constitutionnel du régime parlementaire
– Marcia Chevrier, Docteur en droit, Université Paris II: La nature juridique des mutations institutionnelles sous la Ve République
9h45 : Discussion
9h55 : Débats
10h40 : Pause
10h55 – L’EXERCICE DU MANDAT
– Arthur Braun, Maître de conférences, Université catholique de Lyon : Gouverner sans horizon de réélection : non-renouvelabilité du mandat présidentiel et dynamiques institutionnelles en droit comparé
– Camilla Yselsa Feliz De La Cruz, Doctorante, Université de Lille : L’administration électorale et le système politique en France et en Espagne : entre adaptations et résistance
– Jean-François Gautier, Doctorant, Université Lyon III : Une tentative de typologie de l’utilisation des réseaux sociaux par les députés : l’exemple de TikTok
11h30 : Discussion
11h40 : Débats
12h15 : Pause déjeuner
14h – LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE
– Romain Aubert, Doctorant, Université Paris I : Démocratiser l’institution, institutionnaliser la démocratie : la conversion participative du Conseil économique social et environnemental
– Maxime Million, Doctorant, Université de Bordeaux : Des assemblées « citoyennes » ? De l’étiquette au concept : vers une citoyenneté délibérative
14h25 : Discussion
14h35 : Débats
14h55 : Pause
15h10 – LA VÈME RÉPUBLIQUE EN CRISE
– Luc Dord, Doctorant, Université Aix-Marseille : La XVIIe législature : l’Assemblée nationale face au défi de la disparition de la majorité
– Camille Righetti, Docteure, Université de Lille : La fin du fait majoritaire comme révélateur du contrôle parlementaire : mutations d’une fonction constitutionnelle à l’épreuve des transformations politiques contemporaines
– Yann Saccucci, Maître de conférences, Université catholique de Lyon : Le macronisme constitutionnel, un chagrin d’amour ?
15h45 : Discussion
16h00 : Débats
16h45 : Pause
17h – LA VÈME RÉPUBLIQUE EN CRISE (SUITE)
– Emma Rabita, Doctorante, Université de Lille : « 38 + 49.3 = 16 bis » ? Retour sur une équation constitutionnelle incertaine
– Léo Descamps, Doctorant, Université de Lille : La motion de censure constructive ou la recherche d’un mécanisme de stabilité à rebours de la Ve République
– Giulia Sulpizi, Doctorante, Université Paris nord : Instabilité française, stabilité italienne. Paradoxe et novation du parlementarisme
17h35 : Discussion
17h45 : Débats
18h30 : Fin des travaux
– Benoît Grémare, chercheur associé à l’Institut Français d’Analyse Stratégique : Escalade nucléaire et Constitution française